
Saint-Firmin-de-Baie-Sainte-Catherine
L'arrivée des premiers habitants de Baie-Sainte-Catherine se fait vers les années 1800. Ces premiers colons, originaires de La Malbaie, furent attirés par la pêche, la chasse aux loups-marins, aux marsouins et par la proximité d'un poste de traite. Pendant quelque temps au début du XXe siècle, l'économie de l'endroit reposa beaucoup sur la bonne marche d'une grande scierie, appartenant aux Price, destinée à apprêter le bois qui allait être exporté vers l'Europe.
Deux églises vont marquer l'histoire de Baie-Sainte-Catherine. En 1878, une première est construite à la Pointe-aux-Alouettes. Cette pointe fut le théâtre de la rencontre historique entre Champlain et les trois chefs des nations huronnes (Montagnais, Algonquins, Etchemins) le 27 mai 1603. A cette occasion, un traité d'alliance fut signé, scellant du coup le sort du Canada. Le kiosque Champlain sur cette pointe commémore d'ailleurs cet événement.
La première église qui est toujours en place, est maintenant la propriété des prêtres du Séminaire de Chicoutimi. On peut la visiter, mais seulement avec une permission. Elle est fabriquée de madriers tirés de vieilles maisons abandonnées du temps. La cloche en place actuellement provient de l'ancien phare-lumière de l'Île-aux-Morts et fut installée le 5 août 1899. Quelques temps avant, le clocher de l'église était durement éprouvé. En effet, au cours de l'hiver 1890, il fut renversé par une tempête de vent du nord-ouest, n'étant pas suffisamment amarré à sa souche. Celui qui prend place actuellement fut reconstruit à l'été 1891.
L'intérieur est illuminé grâce à quatre fenêtres de côté. Le maître-autel sur l'arrière du chœur est précédé d'un autel plus petit. L'ensemble est dominé, sur le mur face à l'assemblée, par une toile fabuleuse représentant la «Vierge et son Fils» œuvre d'une religieuse du couvent du Bon Pasteur de Chicoutimi. Les six bancs de bois qui meublent la nef reposent sur un plancher de bois qui fut refait puisqu'on ne trouve plus de traces de l'ancienne balustrade. Pour répondre au nombre croissant de fidèles assistant à l'office, on prit la décision à la fin du siècle dernier d'y ajouter un jubé. Aujourd'hui, toujours présent à l'arrière, ce jubé est maintenant impossible d'accès puisqu'on a enlevé le vieil escalier qui permettait de s'y rendre. Sa silhouette découpée sur le mur du fond à gauche est cependant toujours visible. Rappelons que cette église a rempli sa fonction pendant 29 ans, soit de 1878 à 1907.
En 1908, la construction d'une église à proximité du quai fut entreprise. Elle avait pour objet d'accommoder les employés des chantiers Price et les préposés au chargement des bateaux qui trouvaient l'église initiale trop éloignée de leur lieu de travail. L'érection de la deuxième église n'a pas eu l'heure de plaire au reste de la population. L'achat du domaine de la Pointe-aux-Alouettes par le Séminaire de Chicoutimi fit cependant taire les dernières récriminations, de sorte que l'adoption de la nouvelle église par l'ensemble des paroissiens se fit dès 1908.
Une série de croix orne les portes d'entrée du temple. Son clocher typique des églises victoriennes est très élancé par rapport aux dimensions de la structure. Sa tour se découpe sur sa façade et la cloche occupant le tambour a été offerte par une paroissienne.
L'intérieur est couvert par une voûte arquée composée d'allées latérales,
supportée par six colonnes au niveau de la nef. Au-dessus le jubé s'avance au
tiers de l'église. Nous sommes alors baignés par de multiples tons et coloris
présentant chacun leur signification. Ici et là s'agence le bleu, symbole de la
mer; le blanc, représentant l'écume de l'eau; et le vert, symbolique propre à la
montagne et sa forêt. Plus vers l'avant, on remarque que le chœur est divisé.
Pour les célébrations eucharistiques, la chorale prend place à droite, tandis
que l'espace de gauche était généralement occupé par des communautés de
religieuses. L'autel évoque à la fois le thème maritime, de même que l'aspect
forestier du village. Il présente une grosse souche de pin qui fut tirée de la
forêt et lavée dans l'eau salée du fleuve pendant des semaines pour être
recouverte de peinture dorée par la suite. À noter, l'autel dédiée à Notre-Daine
de l'Espace, protectrice des astronautes et des aviateurs, une dévotion
introduite par le frère Laurent Cosgrave. Sur la gauche, on retrouve la statue
de Saint Firmin, patron de la paroisse. On découvre également un modèle réduit
de l'église, sur l'avant à droite du chœur.
Cette église qui fait aujourd'hui l'orgueil des gens de Baie-Sainte-Catherine a été rénovée en 1963. Elle est à la fois humble et très accueillante.
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